Les enfants en Suisse

Les enfants en Suisse
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Comme nombre de pays européens (Allemagne et Pologne entre autres), la Suisse fait depuis de longues années face à une crise de natalité (en 20 ans, l’indice de natalité n’a atteint la barre des 11 naissances pour 1000 habitants qu’une seule fois). La situation parait encore plus critique quand on prend connaissance des nombreuses prévisions, qui dans une large majorité prédisent une stagnation voire une baisse dangereuse sur le long terme. En effet cela constitue une menace pour le renouvellement des générations et pour la survie de la nation. Mais qu’est-ce qui explique cette situation ? Les familles suisses sont-ils de moins en moins disposés à faire des enfants que ce soit garçon ou fille ? Il semble indispensable de jeter un regard réfléchi sur la question, pour en prendre la pleine mesure et, pourquoi pas, dégager des solutions.

Les causes d’une crise pas si récente

La cause première et sans doute la plus profonde, est liée à la modernisation de la société et aux changements socio-économiques qu’elle a induit. Entre autres, la mutation du statut de la femme. En effet entre les années 80 et les années 2000 on a assisté à une forte amélioration des conditions permettant aux femmes d’exercer une activité professionnelle. Conséquences, ces dernières sont plus nombreuses sur le marché du travail et privilégient ainsi leur productivité et leur évolution professionnelle. Cela se répercute donc sur le nombre de naissances mais également sur l’âge auquel les suissesses ont leur premier enfant. Selon une étude de l’office suisse de la statistique (OFS), en 1950 la suissesse de 27 ans était déjà mère or en 2013 elle devait attendre d’entrer dans sa trentième  année pour accoucher d’un premier enfant. Un recul qui, lui aussi, influe sur la fécondité des couples suisses. Car plus tard on fait des enfants, moins on en a. Cependant d’autres facteurs peuvent être pris en compte pour expliquer le faible taux de natalité auquel est confronté la confédération Suisse. C’est le cas notamment de la légalisation, dans les années 70, de la pilule contraceptive. Avec cette évolution, la sexualité change : elle ne sert plus tant à se reproduire qu’à partager du plaisir. D’un autre côté la vie est chère, avoir une famille nombreuse signifie soit plus de dépenses, soit moins d’entrées car les parents devront sacrifier du temps de travail pour se consacrer à leur progéniture. C’est souvent la mère qui, dans ces cas, est amenée à sacrifier sa carrière. Pourtant compte tenu du vieillissement de la population, les autorités politiques sont sensées avoir pris des mesures idoines pour endiguer la crise. Qu’en est-il ?

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Les autorités politiques ont-elles pris la mesure de la situation ?

S’il nous faut simplement prendre en compte les études statistiques, on pourrait croire que non. Seulement selon une étude du professeur Bonoli, de l’institut des hautes études en administration publique à Lausanne, les autorités politiques de plusieurs cantons ont ouvrées, dès le début des années 2000, à maintenir des taux de natalité importants. Il s’agit des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Bâle-Ville et Zurich, qui durant la dernière décennie ont accru l’octroie d’allocations familiales importantes et construits des infrastructures nécessaires pour alléger le temps consacré aux bambins. Néanmoins au vu des chiffres inquiétants auxquels nous devons faire face, cela semble ne pas suffire. Aussi niveau fédéral, hormis les allocations familiales et l’assurance santé dont bénéficient les nouveau-nés suisses, les autorités semblent ne pas être capables de renverser la tendance. Nuit était l’apport des populations immigrées, la situation aurait parue plus désastreuse. Cependant l’accroissement constant de ces populations et la société multiculturelle qui en résulte, donne matière à réflexion. Car cela donne naissance à des tensions sociales toujours plus fortes et pose un certain nombre de questions. Il faudrait donc relativiser et ne pas placer tous nos espoirs dans cette alternative.

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A quoi devrons-nous notre salut ?

Le débat est ouvert depuis un petit moment et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est loin d’avoir trouver la formule magique. Néanmoins quelques pistes sont à considérer. Le gouvernement pourrait, par exemple, mettre en œuvre des politiques plus natalistes comme c’est le cas en France et en Suède, avec l’octroie d’allocation familiales plus importantes pour le jeune enfant. La Suède, où des congés paternité existent et sont même obligatoires, semble, comme la majeur partie des pays scandinaves, être à la pointe en la matière. Les pères étant impliqués au même titre que les mères, ces dernières subissent moins le poids des naissances et peuvent plus facilement allier vie familiale et objectifs professionnels. On pourrait également repenser les modèles de développement actuels qui poussent à une urbanisation brutale et à une lutte sociale acharnée. Or la vie en ville est loin d’encourager les couples à procréer. Preuve en est que les performances en terme de fécondité sont plus importantes dans les cantons ruraux que dans les cantons urbanisés. Le coût de la vie semble être passé par là. Et cela risque d’aller en empirant si des mesures fortes ne sont pas prises. Bref, le défi est en apparence difficile, mais pas impossible à relever. Chaque composante de la société a intérêt à ce que la tendance s’inverse. Car c’est une question de survie. Les solutions miracles n’existent peut être pas mais la première étape, qui est la prise de conscience, doit être franchie. Chaque citoyen doit être conscient de sa responsabilité envers sa nation et œuvrer pour le bien-être et la pérennité de la Suisse et en particulier de la Suisse Romande.

 

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